Dans cet article
Les premières heures : sécurité, photos, assureur
- Ne touchez à rien d'électrique les pieds dans l'eau, pas même l'interrupteur principal. Si l'eau atteint des prises, une plinthe chauffante ou le panneau, faites couper le courant par un électricien ou par Hydro-Québec.
- Photographiez tout avant de déplacer quoi que ce soit : la hauteur de l'eau sur les murs, les meubles, les boîtes, l'endroit d'où l'eau semble venir.
- Appelez votre assureur et notez le numéro de dossier. Demandez ce qu'il couvre et s'il envoie une firme d'urgence.
- Gardez les preuves : ne jetez pas les biens abîmés avant que l'expert les ait vus, ou photographiez-les avec une étiquette.
Qui assèche et qui reconstruit
Ce sont deux métiers différents. Le pompage, l'assèchement et la décontamination reviennent à des firmes spécialisées, souvent envoyées par l'assureur. Elles installent des déshumidificateurs et mesurent l'humidité des murs jusqu'à ce qu'ils soient secs. L'entrepreneur général prend le relais pour reconstruire après le sinistre : murs, isolation, planchers, plomberie et finition.
Le délai compte. Des moisissures peuvent apparaître en 24 à 48 heures sur le gypse et l'isolant mouillés. Plus l'assèchement commence tôt, moins il y a de matériaux à jeter.
Ce qu'il faut retirer, et ce qu'on peut garder
Les matériaux poreux qui ont trempé ne sèchent pas en profondeur. On les retire jusqu'à une hauteur saine, souvent 30 à 60 cm au-dessus de la marque laissée par l'eau.
| Matériau | Après un dégât d'eau |
|---|---|
| Gypse et isolant en natte | Retirés au-dessus de la marque d'eau |
| Tapis et sous-tapis | Jetés |
| Plancher flottant stratifié | Presque toujours remplacé : le panneau gonfle |
| Vinyle de luxe et céramique | Souvent récupérables, à vérifier dessous |
| Montants de bois | Gardés s'ils sèchent et restent sains |
| Béton (dalle et murs) | Gardé ; on cherche les fissures une fois sec |
Trouver ce qui a laissé entrer l'eau
Refinir un sous-sol sans corriger la cause, c'est payer deux fois. Une fois les murs ouverts, on cherche d'où l'eau est venue. Les causes les plus fréquentes dans les maisons de l'Ouest-de-l'Île :
- Refoulement d'égout : l'eau remonte par le drain de plancher pendant un gros orage. La solution est un clapet antiretour, entretenu.
- Pompe de puisard en panne ou trop petite, sans alarme ni batterie de secours.
- Fissure dans la fondation, qui laisse entrer l'eau du sol.
- Terrain qui verse vers la maison, ou gouttières qui se vident au pied du mur.
- Drain français colmaté autour de la fondation.
Beaucoup d'assureurs exigent un clapet antiretour pour couvrir le refoulement d'égout, et plusieurs villes l'imposent. Faites-le vérifier avant de refermer quoi que ce soit.
Reconstruire un sous-sol qui tolère l'humidité
Un sous-sol reste plus humide que le reste de la maison. La reconstruction est l'occasion de choisir des matériaux qui pardonnent :
- Isolant rigide collé au béton, qui ne retient pas l'eau
- Murs montés légèrement décollés de la fondation
- Gypse résistant à l'humidité dans le bas des murs
- Revêtement de sol en vinyle ou en céramique plutôt qu'en stratifié
- Prises électriques assez hautes pour échapper à une petite inondation
Si le sous-sol était habitable, la reconstruction demande souvent un permis, surtout si la plomberie bouge ou si une chambre est refaite. Les détails techniques d'une finition de sous-sol sont sur notre page dédiée.
Préparer la réclamation avec l'entrepreneur
L'assureur compare le prix de reconstruction à son propre barème. Plus le devis est détaillé, plus la comparaison est simple. Demandez à l'entrepreneur :
- Une liste des dommages pièce par pièce, avec photos
- Un prix par type de travaux plutôt qu'un montant global
- Des lignes séparées pour ce qui n'est pas lié au sinistre (un agrandissement de fenêtre, par exemple)
- Un écrit pour chaque dommage caché trouvé en cours de travaux
Vérifiez dans votre police les avenants qui s'appliquent : refoulement d'égout, eaux de surface ou eaux souterraines ne sont pas couverts par défaut, et chacun a sa limite.
